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Coliques néphrétiques chez une femme enceinte Version imprimable Suggérer par mail

24. 04. 2010

« Conflit de ne pas pouvoir marquer son territoire, ne pas savoir quelle opinion suivre ».

Je suis sage-femme libérale et assure les naissances à domicile. J’accompagne les familles durant la grossesse, l’accouchement et les couches, celles qui ne veulent pas d’emblée se mettre dans les mains de la médecine classique, mais qui préfèrent plutôt faire confiance à leurs propres possibilités et accoucher à la maison.

J’ai accompagné l’été dernier une jeune famille dont la future maman, Eva (le prénom a été changé) projetait d’accoucher chez elle dans une ambiance familière entourée des gens qu’elle avait choisi.

Pour cette raison et durant toute sa grossesse elle avait un gros conflit avec sa mère qui, outre les soucis qu’elle se faisait à ce sujet, était farouchement opposée à un accouchement à la maison et voulait à tout prix faire admettre à sa fille combien il était dangereux d’accoucher en dehors de l’hôpital et de renoncer ainsi à une aide médicale en cas de besoin.

Eva était tiraillée, d’un côté elle aurait aimé mettre son enfant au monde dans une atmosphère paisible sans le stress de l’hôpital et de l’autre, elle ne voulait pas la guerre avec sa mère. Je lui laissais entièrement le choix, soit d’accoucher à la maison, soit d’aller à l’hôpital et la confortait dans ses capacités à accoucher en lui réaffirmant que je l’assisterais quelle que soit sa décision.

Au cours de la 24 ème semaine de grossesse, Eva eu des douleurs aux reins. Un jour ces douleurs furent si fortes qu’elle fut conduite à l’hôpital pour des coliques néphrétiques. On lui prescrit des antibiotiques et on lui installa un cathéter depuis le rein  jusqu’à la vessie. Elle pu sortir bientôt avec ce cathéter implanté. Mais les douleurs revinrent. L’infection gagna le bassinet du rein via le cathéter. Le conflit avec la mère à propos de l’accouchement à la maison persistait comme avant.

A la crise de coliques néphrétiques suivante, on lui implanta une évacuation artificielle, un cathéter, qui sortait directement du rein vers l’extérieur au niveau du dos. Le projet d’accoucher à la maison était en train de s’évanouir. Eva était devenue une « patiente à risques » et les médecins commençaient déjà à parler de césarienne.

3 semaines avant la naissance, il y eu une explication sévère entre Eva et sa mère. Ce fut bien sûr de nouveau à propos de l’accouchement à la maison et la mère d’Eva devint réellement agressive et ne se contrôlait plus. Eva était démolie et je lui dit :  « qu’ ELLE seule mettait son enfant au monde. Qu’ELLE seule aurait les douleurs. Qu’ ELLE seule accouchait. Personne ne pourrait lui ôter cela, même pas sa propre mère ».

Quelques jours plus tard, Eva se rendit à l’hôpital pour demander aux médecins de lui enlever le cathéter. Bien entendu, les médecins étaient choqués par une telle demande et lui signifièrent que si elle persistait dans sa démarche elle devait leur signer une décharge comme quoi elle agissait contre l’avis médical et devrait d’abord rester une nuit en observation.  Le cathéter sera clampé afin d’observer l’apparition de nouvelles douleurs, et si tout se passe bien, le cathéter lui serait enlevé.

C’est à contre cœur qu’Eva accepta de passer une nuit de plus à l’hôpital.
Elle fut soudain sûre à 100% qu’elle était en bonne santé et qu’elle n’aurait plus de crise de coliques néphrétiques. Quelque chose avait changé. Le jour suivant on lui enleva le cathéter avec la décharge signée.

Les 3 dernières semaines de la grossesse se passèrent merveilleusement bien. Eva se sentait pour la première fois, heureuse d’être enceinte. Elle se portait très bien. Elle ne prenait plus d’antibiotiques, bien que les médecins le lui prescrivaient ardemment.

Par un beau samedi d’été, je fus appelée pour la naissance.

Le col s’ouvrait étonnement vite et le fils d’Eva se glissa doucement et avec précaution hors d’elle, dans la baignoire à la lumière des bougies. Ce fut une merveilleuse naissance à domicile.

Après l’accouchement, le conflit entre Eva et sa mère repris. L’enfant était né, « heureusement » que tout s’était bien passé. Sa mère lui dit qu’à coup sûr elle ne pourrait allaiter, elle-même avait toujours du interrompre rapidement l’allaitement parce qu’elle n’avait pas assez de lait. Au début Eva eu des problèmes pour allaiter, les mamelons étaient à vif et lui faisaient mal.

Au cours d’une visite que je fis à la maison, elle me raconta qu’elle se sentait forte depuis la naissance. Pour la première fois de sa vie elle avait fait quelque chose que sa mère ne voulait pas. Elle en retirait une immense confiance en elle, elle avait enfin coupé le cordon ombilical !
C’était une grande satisfaction pour moi d’assister à cela.

Après quelque temps l’allaitement marcha très bien et le petit devint très vite le rayon de soleil de toute la famille. Aujourd’hui, mère et fille discutent de la naissance à domicile, le conflit semble dépassé. Eva attendra un jour ou l’autre son deuxième enfant et je suis sûre qu’il n’y aura plus de crises de coliques néphrétiques, car maintenant elle sait ce qu’elle veut…

Je vois souvent ce genre d’histoires de par mon métier de sage-femme, je me trouve souvent en présence de conflits très variés et suis toujours autant fascinée par la justesse des explications de Hamer.

Sincères salutations et faites confiance en vos capacités !

Margaret H.      



 

 
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